INTRODUCTION

Le site archéologique situé en contrebas du lieu-dit Château-Gaillard sur la commune du Mans, actuel Domaine de Beauregard, fut découvert fortuitement le 28 juin 2003, par des riverains passionnés d'histoire locale, qui suivaient les terrassements du site.

Il est nécessaire de rappeller, que cette surveillance des travaux, démarche citoyenne, faisait suite aux diagnostics officiels archéologiques préalables de l'INRAP menés en mars 2003, qui s'étaient avérés négatifs. 

Les résultats négatifs de ces sondages ont par conséquence validé l'autorisation des travaux de construction du Domaine de Beauregard ( nom du projet immobilier), véritable extension du quartier des Ardriers, sur le flan sud-est du Plateau de Rouillon en dépit d'indices topographiques forts et matériels qui laissaient présager pour ce lieu, l'existence d'une occupation humaine ancienne. 

Le quartier des Ardriers devait s'aggrandir de rues et de 180 logements pavillonaires en entaillant durablement le Plateau de Rouillon. A coups de godets de pelleteuses, et dans l'indifférence générale apparut un site préhistorique du paléolithique moyen ( atelier de taille sur gîte de matière première, moustérien tardif à débitage levallois [fourchette chronologique d'environ 80 000 ans BC]), qui n'avait pas été initialement aperçu.

Devant l'accumulation des découvertes ( gisement étendu, présence d'une stratigraphie riche, plusieur milliers de silex recueillis dans les déblais...), et à l'issue de nombreuses périphéties administratives, le site fut déclaré par les inventeurs un an après sa découverte au service régional de l'archéologie des Pays de la Loire.

Le site fit ensuite, comme le souhaitaient les inventeurs,  l'objet d'une reprise scientifique, (de la part d'une équipe de l'UMR 6566 Civilisations atlantiques et Archéosciences du CNRS, dirigée par Nathalie Molinès préhistorienne spécialiste du paléolithique ancien, maître de conférence à l'Université de Rennes 1.), puisqu'il restait encore des zones non détruites à étudier avant que tout ne disparaisse définitivement.

Les pièces lithiques présentées ici en tant qu'échantillon, furent recueillies dans les déblais et dans les terrassements in situ, à l'époque ( avant reprise officielle) par les inventeurs du site.

Contribution des amateurs pour l'Archéologie....

Si des passionnés du passé du Mans n'avaient pas été curieux de voir ce qui se passait près de chez eux, en allant sur ce chantier "Interdit au Public", pour jeter un coup d'oeil aux terrassements, jamais cette découverte n'aurait pu se faire. Et l'on serait passé complètement à coté d'une intéressante documentation, le seul ensemble préhistorique d'importance pour Le Mans et ses environs. 

Sauvé in extremis par la contribution désintéressée de manceaux, puis à nouveau par l'archéologie, Château-Gaillard est un site d'importance régionale secondaire certes, mais cependant un authentique témoin des occupations humaines au paléolithique moyen.

Désormais, la préhistoire mancelle n'est plus une page blanche, ni un rendez-vous manqué avec le Passé... Gageons qu'à l'heure où la ville construit après des decennies d'attente son nouveau musée archéologique, que cette part inédite du passé manceau y trouvera sa place.

 

Guillaume Epinal, le 25 février 2006



Article ajouté le 2005-12-03 , consulté 327 fois

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