La Préhistoire du Mans

La Préhistoire du Mans

III/ Origine des matériaux ( suite )

Si la quasi totalité des artefacts recueillis sur le site sont fabriqués dans le silex local du Plateau de Rouillon, la découverte de rares pièces en roches importées apporte de précieuses informations supplémentaires. Les hommes de Château-Gaillard connaissaient parfaitement leur environnement. Ces éléments sont des indices forts qui permettent de ressituer le site dans le "réseau moustérien local":

- Des éclats bruts ou levallois tirés des petits galets alluviaux du lit de la Sarthe :

Des hommes sont descendus au pied du Plateau de Rouillon, et ont recueilli, sans doute pour des raisons esthétiques ou d'essais, quelques galets de silex alluviaux ( colorés), des berges de la Sarthe ( actuellement à 700 mètres en contrebas du site, mais de localisation sans doute plus proche à l'époque), et en ont débités quelques uns sur le site de Château-Gaillard ( nucléi et éclats bruts retrouvés).

Les galets alluviaux du lit de la Sarthe offrent un silex de bonne qualité, dont la coloration varie du marron, rouge, jaune-miel, blanc. Toutefois leurs petites dimensions ( la taille d'un poing), ne semble guère avoir incité les Moustériens à un débitage plus répété.

- Des éléments en silex gris du Sud Sarthe (région de Sablé-sur-Sarthe, Vion...):

Deux ou trois rares pièces ( dont un fragment de racloir) sont réalisées dans un silex totalement étranger à la région du Mans. Un examen macroscopique simple permet d'envisager une provenance du Sud de la Vallée de la Sarthe pour ces éléments. ( le silex exploité sur le gisement néolithique de Vion semble similaire). 

- Des racloirs en silex blond translucide à patine blanche porcelaine ( origine Vallée du Loir):

Deux racloirs en silex jaune-miel de type "pointe moustérienne", très élaborés trouvés sur le site parmi les innombrables artefacts en silex turonien du Plateau de Rouillon, sont des éléments qui surprennent au sein d'un ensemble lithique d'apparence fruste. Ces outils abandonnés sur le gisement, faisaient très certainement partie de l'outillage de ces chasseurs nomades. Ces pièces ont été travaillées sur d'autres sites de la région, peut-être dans la Vallée du Loir, où se trouve des gisements d'un silex jaune-miel, en rognons assez gros, d'aspect semblable.

- Des éléments en quartzite :

Le gisement de Château-Gaillard a livré quelques rares pièces, pour la plupart de simples éclats, taillés dans une quartzite blanche. Cette roche serait quant à elle plus locale, et proviendrait des formations de grès tertaires, dont quelques lambeaux subsistent sur les plateaux manceaux.

- Des éléments en silex d'origines non déterminées:

Là encore de rares pièces, dont un bel éclat levallois à talon dièdre. Une pièce pourrait être en silex gris beige de la champagne mancelle ( région de Fay).

- Des débris de marcassites:

 Une attention particulière portée sur le ramassage d'esquilles de taille, et de petits éléments ont permis de recueillir quelques rares débris de marcassites. Cette roche est issue probablement des Côtes Normandes, ( on en trouve au pied des falaises crayeuses d'Ault dans la Somme), elle servait à allumer des foyers. Ces traces suggèrent le voyage sur de longues distances, de matériaux, et probablement des hommes qui les transportaient, ou encore de possibles échanges entre groupes. On faisait du feu sur le site de Château-Gaillard, preuve supplémentaire, avec quelques silex chauffés accidentellement qu'on y vivait.



25/02/2006
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